Cynthia Pedrosa

 

Je suis artiste peintre, muraliste, mon inspiration est autour de l’individu. Entre l’imaginaire et le social.
Pour moi, l’individu est la véritable réalité de la vie à mon sens, un univers en soi. Je travaille autour de
la profondeur de l’individu entre contrainte et émancipation.
Toni Morrisson disait que « se focaliser sur les personnages et leurs intérieurs, c’est comme mettre le
pouvoir dans les mains de la personne plutôt qu’à son maître. Et les aimer sans pour autant les
approuver, mais les aimer pour leur rendre justice » C’est dans cette idée que mes personnages sont
une entité propre, chaque individu est un univers unique merveilleux et original.
J’ai un parcours varié traversé par différents chemins avec comme fil conducteur la peinture et ce depuis
mon enfance.
J’ai réalisé des études universitaires en sociologie, un master genre en parcours arts et littérature. Je me
suis formée à la peinture décorative pour la scène, le spectacle.. et j’ai exercé pendant une quinzaine
d’années en tant qu’éducatrice en parallèle de la peinture avant de me professionnaliser.
La recherche est la base de mon travail créatif. Mes traits vont me guider vers un sentiment, une
émotion , c’est une rencontre avec le personnage. Il n’y a pas d’anticipation de l’image il n’y a que de la
surprise. C’est égale à une rencontre humaine, nous avons des rôles à jouer, la sœur, l’amie, la
travailleuse, l’amoureuse.. quelquefois nous faisons « façade » .
C’est lorsqu’on enlève les couches de l’apparat que nous pouvons être en capacité d«Être » et de voir l’
»Autre ». C’est de cette rencontre que je parle.Ainsi dans mes dessins, je fais en sorte que le
personnage sorte du groupe et face ressortir ainsi son individualité.
Je requestionne les normes et les règles, c’est cette idée de permettre à l’individu d’Être, ainsi je parle
aussi de réalité de soi, ma réalité, la votre, n’est pas forcément celle de la société elle est propre à soi.
Elle peut sortir d’une construction sociale. Puisque l »état est géré par une minorité ayant vocation à
servir ses seuls intérêts et privilèges, qu’il n’est que le relais de règles destinées à contenir le
développement réel de l’humain. L’individu autonome est alors un risque pour les pouvoirs parce qu’il
ne souscrit pas aux schémas imposés. Dans cette idée l’individu est un être de péchés ». Ce qui conduit
à une uniformité de comportements et promeut l’obéissance et la soumission et donc à une uniformité.
L’art participe à cette conscientisation. A mon sens passer par la libération de l’individu émancipe la
collectivité.

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